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“Un anti-Macron pragmatique” : Olivier Marleix, nouvelle tête de LR à l’Assemblée

Emmanuel Macron ne doit s’attendre à aucun cadeau de la droite. Le groupe Les Républicains (LR), pivot de la nouvelle Assemblée nationale, a porté ce mercredi 22 juin le député d’Eure-et-Loir Olivier Marleix à sa tête. Cet opposant irréductible au chef de l’Etat sera une figure clé de cette législature dont n’émerge aucune majorité. L’élu de 51 ans, fils de l’ancien ministre Alain Marleix, l’a emporté par 40 voix contre 20 pour l’autre candidat Julien Dive, représentant de la nouvelle génération. “Ce choix est le signe de la radicalité de LR”, juge le député Renaissance (ex-LR) Robin Reda. 

Dès qu’il s’agit d’Emmanuel Macron, Olivier Marleix n’est en effet pas un tendre. Le parlementaire dépeint le président en apôtre d’un libéralisme débridé, contraire aux intérêts de la France. “Avec Emmanuel Macron, c’est l’État tatillon en bas, dans le quotidien de nos entreprises, et le capitalisme de connivence en haut”, lâchait-il au Figaro en 2021. En 2019, le député a saisi la justice afin d’enquêter sur les circonstances de la vente du pôle énergie d’Alstom à l’américain General Electric en 2014, s’interrogeant sur le rôle joué par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie. 

“Un techno pas fun”

Cet anti-Macron ne veut toutefois pas tomber dans le piège de l’obstruction parlementaire. Gare au parti qui portera le mistigri de la paralysie institutionnelle. Devant les siens, Olivier Marleix a rappelé que les députés du groupe jouiraient d’une liberté de vote. Il mettra en musique à l’Assemblée la stratégie arrêtée par son parti : ni coalition, ni blocage. “On sera un groupe d’opposition qui saura se battre pour défendre les intérêts des Français et négocier pour eux”, assurait-il quelques minutes après son élection. “Il a édulcoré son discours”, note un député LR. “C’est un anti-Macron pragmatique”, analyse un cadre LR qui le connaît bien. 

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A la tête du groupe, Olivier Marleix devra composer avec la jeune génération de députés LR. Avec 1/3 des suffrages, leur représentant Julien Dive s’en tire avec un score honorable. L’élu de 37 ans se distinguait davantage de son concurrent par le style que par sa relation au macronisme. Cet opposant au chef de l’Etat craignait même lors des législatives que la majorité présidentielle ne lui oppose aucun adversaire. “Je ne suis pas plus soft qu’Olivier Marleix”, assure-t-il. Dans ce groupe bâti politiquement contre LREM, il ne fait pas bon plaider pour un accord de gouvernement avec le pouvoir. 

La candidature de Julien Dive avait une dimension générationnelle : les jeunes députés LR veulent renforcer leur poids interne, à l’Assemblée comme au parti. Ils jugent que la droite doit se renouveler et présenter de nouveaux visages pour séduire. Un savant mélange de convictions et d’intérêts personnels. “Marleix, c’est un techno pas fun, lâche un jeune député LR. Nous, on veut être des pirates dans ce quinquennat.” “C’est un individualiste qui bosse seul”, confie un autre.  

En politique, perception et réalité se confondent. Le nouveau président de groupe pourrait présenter une image plus intransigeante que son rival. Entre les deux hommes, les divergences sont surtout de forme. Lors de leur grand oral devant les députés, Julien Dive était débout quand son rival est resté assis. “Marleix était un peu techno, Dive un peu light sur le fond”, analyse un électeur d’Olivier Marleix. 

Une mission complexe

L’élu d’Eure-et-Loir est respecté par ses pairs. Son expérience et sa maîtrise des dossiers économiques ont pesé dans sa victoire, tant la législature s’annonce mouvementée. “Cela va tanguer, nous avons besoin de force et de stabilité”, juge le député des Alpes-Maritimes Éric Pauget. Les ambitions de la jeune génération de députés LR ont pu aussi agacer certains élus, guère heureux d’être renvoyés à leur âge. La frontière entre renouveau et jeunisme est ténue.  

L’ombre de Laurent Wauquiez plane enfin sur la défaite de Julien Dive, très proche de Xavier Bertrand. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, territoire qui compte 19 députés LR, n’avait guère intérêt à la victoire de l’élu de 37 ans. Ce soutien officieux s’ajoute à celui d’Éric Ciotti, tenant d’une droite dure. Julien Dive a lui-même évoqué l’intervention de “ténors” dans ce scrutin. 

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Olivier Marleix n’aura pas la tâche facile. En interne, il devra s’attirer les bonnes grâces des jeunes députés LR et rassembler son camp. Sa mission parlementaire sera d’une complexité inouïe : camper dans l’opposition, sans se rendre coupable d’obstruction. Négocier avec l’exécutif, sans apparaître comme un allié implicite. “De la dentelle de Calais”, admet un hiérarque LR. Le chemin est étroit et la chute menace à tout moment.  


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Reference-www.lexpress.fr

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Rishabh Rajvanshi

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