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Neuf journées de la vie de Charles de Foucauld: six ans et déjà orphelin

WEBSÉRIE 1/9 – Le Figaro Hors-Série consacre un numéro au père du désert, canonisé le dimanche 15 mai. Elisabeth de Foucauld, la maman de Charles, vient de s’éteindre le 13 mars 1864. Cinq mois plus tard, son père meurt aussi. L’enfant n’a pas six ans.

L’enfant tremble. Tout est devenu si sombre autour de lui. Les tentures, les vêtements que portent ses grands-parents, sa propre tenue et la robe de sa petite sœur. Minée par la maladie de son mari qui, depuis plus de deux ans, est soigné dans une maison de santé, leur mère vient de mourir. Que signifie la mort pour un enfant de cinq ans et demi ? Que ressent-il ? Une frayeur peut-être. Dans l’espoir de la chasser, Charles s’est agenouillé devant le petit autel qu’Elisabeth de Foucauld avait installé dans sa chambre et il récite la prière qu’elle lui avait apprise: «Mon Dieu, bénissez papa, maman, grand-papa, grand-maman, grand-maman Foucauld et petite sœur.» Elle lui avait dit qu’il ne fallait pas inclure son frère aîné dans cette supplique parce que, mort un mois après sa naissance, il était déjà monté au ciel. Maman l’a-t-elle rejoint ? Ses grands-parents lui ont dit que, de là-haut, elle veillera désormais sur lui et sur Marie. Blottie dans les bras de leur nurse Rosine, la fillette pleure.

Cinq mois plus tard, Charles et Marie apprennent que Dieu a rappelé auprès de lui leur père, le vicomte Édouard de Foucauld. Charles ne garde de lui qu’un souvenir imprécis. Peu après ce nouveau décès, leur grand-mère paternelle est arrivée à Strasbourg. Accablée par la disparition de son fils, elle veut aller se reposer dans les Vosges et emmène ses petits-enfants. À Mirecourt, alors que tous trois se promenaient dans la campagne, ils sont soudain entourés par un troupeau de vaches. La vicomtesse de Foucauld prend peur. Elle s’effondre, victime d’une crise cardiaque.

De retour dans la grande maison de la rue des Échasses, Charles et Mimi sont entourés de tendresse. Son grand-père maternel, le colonel de Morlet, est d’une extrême indulgence avec les deux orphelins dont il est devenu le tuteur. Il ne va reprocher à Charles ni sa gloutonnerie ni ses foucades. Il ne s’alarme même pas de ses colères, parfois violentes, quand l’enfant croit qu’on se moque de lui.

L’ancien officier du génie parle souvent à Charles de ses ancêtres. Bertrand de Foucauld, parti en croisade avec Saint Louis, qui a trouvé la mort à Mansourah en Égypte, et Armand de Foucauld, prêtre réfractaire, qui fut exécuté pendant la Révolution. Il lui inculque l’amour de la France. Et comme le faisait sa fille, veille à son éducation chrétienne.

Bientôt Charles est inscrit au collège épiscopal Saint-Arbogast, puis intègre le lycée impérial de Strasbourg. Il apprend facilement. Trop peut-être. Il ne donne pas toute sa mesure, mais parvient à se maintenir parmi les dix meilleurs élèves de sa classe. En été, toujours accompagnés par Rosine, ils passent avec Mimi une partie de leurs vacances au château de Louÿe, chez la sœur de leur père, leur tante Inès et son mari, Sigisbert Moitessier. Ces derniers ont deux filles. Une tendre amitié va unir Charles à ses cousines, surtout Marie. Elle a huit ans de plus que lui.

En 1870, la guerre entre la France et l’Allemagne bouleverse le cours de leur existence. Le colonel de Morlet décide d’emmener toute sa famille en Suisse, loin des combats. Au retour, Strasbourg ayant été annexée par l’Allemagne, la famille s’installe à Nancy. Charles y est inscrit dans un nouvel établissement où il nouera des liens durables avec Gabriel Tourdes, le fils d’un médecin.

Charles fait sa première communion. La même année, il se procure les Œuvres choisies de Lucien de Samosate, qui aimait railler les chrétiens en particulier mais également tous ceux qui croient au surnaturel. Il en discute avec Gabriel. Les deux adolescents sont séduits par l’ironie féroce du rhéteur. Ils découvrent d’autres écrivains, plus contemporains, qui les confortent dans l’incrédulité. Bientôt, Charles perd la foi. Si Dieu n’existe pas, pourquoi se priverait-il des plaisirs auxquels son corps aspire ? Mais afin de ne pas faire de peine à son grand-père, il dissimule son agnosticisme.

Après avoir réussi la première partie du baccalauréat, conformément aux vœux du colonel qui souhaite le voir embrasser une carrière militaire, il rejoint l’école Sainte-Geneviève à Paris. Elle prépare ses étudiants au concours de Polytechnique et à celui de Saint-Cyr.

La couverture du Figaro Hors-Série Charles de Foucauld, une voix dans le désert Collection privée-Color by Klimbim et Fond

Charles de Foucauld, une voix dans le désert, 164 pages, 12,90€, disponible en kiosque et Figaro Store

Reference-www.lefigaro.fr

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Rishabh Rajvanshi

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