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Natation : dans le sillage de Léon Marchand, une nouvelle vague bleue

Déchirée aux Jeux olympiques de Rio, en 2016, puis dépitée par ceux de Tokyo, en 2021, l’équipe de France de natation semble renaître aux Mondiaux de Budapest (du 18 juin au 3 juillet). Et elle le doit, pour une bonne part, à une toute nouvelle génération.

Car, au côté de Marie Wattel, figure déjà installée depuis plusieurs années chez les Bleues, qui a glané, à 25 ans, sa première médaille mondiale en individuel (l’argent sur 100 m papillon), ce sont Léon Marchand, 20 ans, Maxime Grousset, 23 ans, et Analia Pigrée, 20 ans, qui ont fait vibrer les bassins en Hongrie.

Le premier, qui s’est aligné sur trois épreuves, a déjà remporté trois médailles depuis samedi 18 juin : l’or sur le 400 m quatre nages, l’argent sur le 200 m papillon et à nouveau l’or sur le 200 m quatre nages, sa distance de prédilection, mercredi 22 juin. Quant à Analia Pigrée et à Maxime Grousset, ils ont décroché respectivement une médaille de bronze sur le 50 m dos et une médaille d’argent sur le 100 m nage libre, mercredi.

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Léon Marchand dans le sillage de Michael Phelps

Avec six médailles au compteur, le navire français file donc droit. Et sa nouvelle figure de proue est sans conteste Léon Marchand. Exilé aux Etats-Unis, sur le campus de l’université d’Etat de l’Arizona, depuis la rentrée, le sociétaire des Dauphins du TOEC, à Toulouse, sa ville de naissance, s’inscrit d’ores et déjà, aux yeux des spécialistes, dans le sillage d’un certain Michael Phelps. C’est d’ailleurs avec l’ancien mentor de la légende américaine des bassins, Bob Bowman, que le Toulousain s’entraîne outre-Atlantique.

Dans les remous de la Duna Arena de Budapest, le fils de Xavier Marchand et Céline Bonnet, tous deux anciens nageurs olympiques, a tutoyé les sommets. Arrivé avec l’objectif de « s’amuser » pour ses premiers Mondiaux senior, comme il l’avait confié au site Olympics.com, il a affiché sa polyvalence, faisant tomber des records.

Sur le 400 m quatre nages, samedi 18 juin, il a signé la deuxième performance mondiale de tous les temps (4 min 4 s 28) – en établissant un nouveau record d’Europe –, juste derrière celle de son idole Michael Phelps aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008 (4 min 3 s 84).

Lundi 20 juin, sur le 200 m papillon, il a ravi, avant de l’améliorer, mardi 21 juin, le record français (1 min 53 s 37), jusqu’alors détenu, depuis 2002, par son autre idole, Franck Esposito, qu’il surnomme affectueusement « le dieu du “pap” ». Enfin, toujours dans la journée de mardi, aligné sur le 200 m quatre nages, il s’est offert le record de France (1 min 55 s 75), qu’il a encore amélioré mercredi (1 min 55 s 22).

Franchir le cap dans les compétitions internationales

L’émergence de Léon Marchand était plus ou moins anticipée côté français : aux Jeux olympiques de Tokyo, à l’été 2021, il avait pris une sixième place jugée prometteuse lors de la finale du 400 m quatre nages, sa première finale olympique. Encore lui fallait-il réussir à franchir le cap dans les compétitions internationales.

« Les nageurs français à potentiel obtenaient de très bons résultats chez les jeunes, puis se retrouvaient en difficulté une fois arrivés chez les grands », comme le rappelle le nouveau directeur des équipes de France, le Néerlandais Jacco Verhaeren, que la natation française est allée chercher, en 2021, en vue de préparer les Jeux de Paris 2024.

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Un problème récurrent auquel tente de remédier Denis Auguin, responsable depuis 2021 de la relève à la Fédération française de natation. « Les apprentissages de coordination, de mobilité et de motricité se font bien mieux quand on est jeune que quand on a 25 ans, souligne l’ancien entraîneur d’Alain Bernard. Notre objectif est de montrer aux jeunes générations que l’entraînement doit être au service d’une meilleure technique, de faciliter leur arrivée en senior. »

« Ce sont mes premiers championnats du monde senior, mais j’ai déjà fait des [championnats en] petits bassins, les NCAA [championnats des universités américaines], pas mal de compétitions qui me permettent de mieux gérer le stress et d’être plus mature », a expliqué Léon Marchand, mercredi, après sa nouvelle victoire.

Il est désormais le troisième nageur français à avoir réussi la performance de décrocher deux titres mondiaux la même année, après Laure Manaudou en 2007, à Melbourne, en Australie, et Florent Manaudou en 2015, à Kazan, en Russie.

« Une spirale positive »

Tout comme Léon Marchand, le sprinteur Maxime Grousset, spécialiste du 50 m et du 100 m nage libre, avait lui aussi laissé entrevoir de sérieux espoirs à Tokyo pour sa première participation aux JO. Il y avait pris la 4e place en finale du 100 m nage libre, dans le sillage de trois « monstres » que sont l’Américain Caeleb Dressel (or en 47 s 2), l’Australien Kyle Chalmers et le Russe Kliment Kolesnikov.

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Lors des championnats de France, le 7 avril, celui qui est arrivé à 16 ans en métropole depuis sa Nouvelle-Calédonie natale, pour s’entraîner sous la houlette de Michel Chrétien, avait confirmé sa suprématie nationale sur le 100 m nage libre et signé la meilleure performance mondiale de l’année (48 s 3). « Je [voulais] montrer qui est le patron du 100 m, en tout cas en France, et je voulais aussi montrer à tout le monde à l’international que voilà, je suis là aussi », avait-il déclaré à cette occasion.

Mercredi, à Budapest, il s’est dit « content (…) d’avoir aussi bien représenté la France » sur le 100 m nage libre. « Pendant la course, je sentais qu’on était vraiment tous sur la même ligne, je sentais que j’allais terminer dans les trois, peut-être même battre David Popovici [le Roumain qui a remporté le titre mondial], mais ça s’est joué à rien, je craque un peu sur la fin », a-t-il ajouté. Il lui reste encore deux épreuves pour décrocher d’autres médailles : le 50 m nage libre et le 50 m papillon.

Avec cette nouvelle vague, victorieuse, la natation française peut recommencer à espérer. Avant ces Mondiaux, Jacco Verhaeren se montrait toutefois prudent : « C’est toujours difficile de parler de médailles à l’avance », tempérait-il, tout en admettant que « certains en ont assurément l’envergure ».

Léon Marchand, Maxime Grousset et Analia Pigrée ont montré que c’est bien le cas. « J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose d’assez spécial dans cette équipe. Il y a pas mal de jeunes, et maintenant on arrive à remporter des médailles, à faire de belles finales », savoure Léon Marchand. « Une spirale positive », comme il l’assure, dont l’objectif, pour les Bleues et les Bleus, est qu’elle dure jusqu’aux JO 2024 à domicile.

Reference-www.lemonde.fr

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Rishabh Rajvanshi

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