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Les oppositions renvoient la balle à Macron après son appel à des « compromis nouveaux »

Le bras de fer entre Emmanuel Macron et les oppositions est lancé. Lors d’ une allocution ce mercredi soir , le président de la République, qui ne bénéficie plus d’une majorité absolue au Palais-Bourbon, a renvoyé les divers groupes politiques de l’Assemblée nationale à leurs responsabilités, leur enjoignant de « dire en toute transparence jusqu’où ils sont prêts à aller » pour « légiférer différemment ». Très vite, il a reçu de leur part des réponses loin d’être engageantes.

Quelques minutes à peine après la déclaration présidentielle, le leader de l’alliance de gauche (la Nupes), Jean-Luc Mélenchon, a accusé le locataire de l’Elysée d’ « enfumer » la « réalité » du résultat des législatives par « des considérations et des appels de toutes sortes qui n’ont pas de sens ». Il a aussi relativisé le poids de la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle d’avril dernier : « Le président réinterprète le paysage politique. Il dit avoir été élu sur un mandat clair du pays. Ce n’est pas le cas. Il a été élu parce qu’une majorité de Françaises et de Français ne voulaient pas que l’extrême droite préside le pays », a-t-il affirmé.

Assurant que « l’exécutif est faible tandis que l’Assemblée est forte de la légitimité de son élection toute récente », l’homme fort de la Nupes, qui compte 131 députés dans la nouvelle législature, a de nouveau réclamé que la Première ministre Elisabeth Borne se soumette à un vote de confiance devant l’Assemblée nationale. « Si elle ne l’a pas, elle devra démissionner », a-t-il prévenu.

Vote de confiance

Une position partagée par ses alliés de gauche. « Non, les formations politiques n’ont pas à dire à Emmanuel Macron jusqu’où elles sont prêtes à aller pour lui donner un chèque en blanc », a abondé le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

« Après la découverte des services publics en 2020, Macron découvre les vertus du débat parlementaire et le vrai rôle de l’Assemblée nationale en 2022 ! », a pour sa part ironisé le leader des communistes Fabien Roussel, ajoutant que le « discours de la méthode » du chef de l’Etat « vise à évacuer sa responsabilité et à ne rien changer de son projet ».

De son côté, le patron des écologistes Julien Bayou a fustigé un discours « flou » : « Le président dit qu’il veut agir sur le climat, nous ne le croyons pas », a-t-il dit, ajoutant que la Nupes ferait des propositions sur le sujet.

LR et RN prêts à discuter ?

De l’autre côté de l’hémicycle, les Républicains se sont montrés plus ouverts à d’éventuelles négociations, tout en disant vouloir rester vigilants : « Il n’y a pas d’alternative au dialogue et respect évoqué par le président. Mais il ne peut y avoir de chèque en blanc, de surcroît sur un projet peu clair », a tweeté Olivier Marleix, élu quelques heures plus tôt président du groupe LR à l’Assemblée . Alors qu’Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de présenter une loi sur le pouvoir d’achat « dès cet été », l’élu d’Eure-et-Loir a indiqué que les 61 députés LR feront des propositions sur ce sujet « la semaine prochaine ».

Du coté du Rassemblement national, qui a remporté à la surprise générale 89 sièges lors des élections législatives, on n’a pas non plus fermé la porte au dialogue : « Notre groupe puissant à l’Assemblée sera ferme mais constructif, avec pour seule boussole l’intérêt de la France et des Français », a affirmé le président par intérim du parti, Jordan Bardella, ne manquant pas de souligner un certain affaiblissement politique du chef de l’Etat : « C’est la première fois que l’arrogance d’Emmanuel Macron marque un peu le pas : ce changement vient du peuple, qui en a fait un président minoritaire », a-t-il assuré.

Peu après, Marine Le Pen a également souligné la position délicate du locataire de l’Elysée : « En choisissant soit le contrat de coalition soit la recherche de majorité par projet, le président tente de sauver ce qui reste de la fonction présidentielle », a indiqué la députée du Pas-de-Calais, tout en précisant que les parlementaires RN « n’entreront jamais dans une coalition macroniste pour mettre en oeuvre des orientations qu’ils entendent combattre ».

VIDEO. Emmanuel Macron souhaite « une majorité plus large et plus claire pour agir »

Reference-www.lesechos.fr

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Rishabh Rajvanshi

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