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Le paléontologue Yves Coppens, découvreur de Lucy, est mort

Le paléontologue français Yves Coppens est mort à 87 ans. Il avait mis au jour Lucy, le fossile d’australopithèque longtemps considéré, à tort, comme le plus vieil ancêtre de notre espèce. Yves Coppens était titulaire de la chaire de paléontologie et préhistoire au Collège de France et ancien directeur du Muséum national d’histoire naturelle.

Paléoanthropologue, professeur émérite au Collège de France où il avait tenu la chaire de paléontologie de 1983 à 2005, ancien directeur du Muséum d’histoire naturelle et du musée de l’Homme de Paris, Yves Coppens est mort le mercredi 22 juin, à l’âge de 87 ans. Pour comprendre ce parcours exceptionnel, il n’est pas utile de remonter le temps jusqu’aux 14 millions d’années de l’Univers, ni même aux 3 millions d’années de l’apparition de l’homme. Juste à la petite enfance d’Yves Coppens, dans les années 1940, quand ce fils d’un professeur de physique et d’une pianiste concertiste, né à Vannes, arpentait la campagne bretonne et tomba devant des rangées de mégalithes alignés à Carnac. Il passe alors ses vacances à chercher des bouts de poterie, au point qu’à l’âge de 10 ans, il rejoint une société savante d’archéologie – activité qui lui valut le surnom de « Coco le fossile » de la part de ses jeunes condisciples. C’est ce qu’on appelle une vocation, entretenue par une curiosité insatiable et un goût de la transmission jamais éteint. Combien de fois Yves Coppens n’a-t-il pas évoqué son bonheur à parler devant des gamins qui croyaient deviner l’immensité des dinosaures en regardant par la fenêtre de leur classe !

Auteur de plus de vingt-cinq ouvrages, parmi lesquels La Plus Belle Histoire du monde, avec Hubert Reeves, Joël de Rosnay et Dominique Simonet (1996), Aux origines de l’humanité, avec Pascal Pick (2001), Chroniques d’un paléontologue (2004), La Vie des premiers hommes (2010), Origines de l’Homme, origine d’un homme : Mémoires (2018), Le Savant, le fossile et le prince (2020), il participa aussi à plusieurs documentaires. Habitué des plateaux de télévision, vulgarisateur et chouchou des médias, Yves Coppens, avec son sourire et sa bonhomie, pouvait rassurer les néophytes et leur procurer un vertige salutaire en parlant avec simplicité de la complexité de ses travaux.

La découverte qui enflamme les médias

Il travailla d’abord sur les proboscidiens, les porteurs de trompe, éléphants préhistoriques, les fameux mammouths. Mais c’est une très vieille dame qui le propulsa vers la notoriété. En 1974, en mission dans l’Afar éthiopien, avec le géologue français Maurice Taieb et l’Américain Donald Johanson, Yves Coppens fait une découverte qui enflamme les médias. Juste un fossile, qu’on appelle alors AL288, puis finalement Lucy, en hommage à la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds : un être vieux de 3,2 millions d’années, et pas tous ses os, juste cinquante-deux, soit 40 % de son squelette, mais permettant de reconstituer une silhouette. Une préhumaine, une « arrière-cousine » de nos ancêtres, expliquait-il, un bipède arboricole de 1,10 mètre, grimpant aux arbres.

Toujours à la recherche d’un monde vivant disparu, il savait aussi parler aux princes : anciens, très anciens même, comme Ramsès II dévêtu de ses bandelettes qu’il accueillit dans son laboratoire en 1976, ou contemporains, comme Nelson Mandela ou Jacques Chirac à qui, de retour de Sibérie, il offrit une touffe de poils de mammouth vieille de 20 000 à 30 000 ans.

Ce scientifique disait ne pas redouter le clonage, sans doute parce qu’il savait qu’il en fixerait aussi les limites éthiques, et poursuivait sans relâche des travaux pour comprendre d’où nous venons : nous, c’est-à-dire les humains, l’environnement et la planète. « Sur le plan philosophique, nous avons tous besoin d’une histoire […]. On explique d’autant mieux ce que nous sommes et la place de l’homme qu’on en connaît l’histoire et qu’on peut en prévoir un petit bout d’avenir », déclarait-il dans Lire en 2016. Dans un coffre, au Collège de France, était posé le crâne fossilisé d’un hominidé, le « tchadanthrope » qu’il avait rapporté du Tchad en 1961. Une découverte scientifique mais aussi, comme il l’avait confié au Figaro en 2020, « l’idée qu’il s’agit là d’un homme, qui a vécu et qui vous regarde ! »

Reference-www.telerama.fr

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Rishabh Rajvanshi

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