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La Côte d’Azur est-elle assez préparée au risque de tsunami ?

Alerte déclenchée à l’aéroport de Nice. Lundi, la plateforme azuréenne et ses pistes construites sur la mer étaient sous la menace d’un important tsunami. C’est en tout cas le scénario que la préfecture des Alpes-Maritimes avait choisi de dérouler à l’occasion d’un « exercice de gestion de crise ». En fin de journée, elle expliquait dans un communiqué l’avoir organisé pour « tester les dispositifs de réponse à ce risque » en y associant « les collectivités littorales ». Sont-elles justement assez préparées ? Hasard (ou pas) du calendrier, l’Unesco lançait le lendemain un cri d’alarme sur le manque de formation des « populations à risque », sur les côtes méditerranéennes notamment.

L’Organisation de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture a d’ailleurs annoncé l’extension de son programme de protection contre ces raz de marée dévastateurs, déjà actifs dans certaines régions des Caraïbes, du Pacifique ou encore de l’océan Indien, à toutes les zones à risque dans le monde d’ici à 2030, y compris la Côte d’Azur.

Des précédents et une probabilité « très élevée » dans les trente prochaines années

Car la menace est réelle. Elle a déjà frappé. Le 23 février 1887 notamment, après un tremblement de terre qui avait fait 644 morts entre la France et l’Italie. Plus récemment, le 16 octobre 1979, une vague provoquée par un affaissement de terrain sur un chantier au sud de l’aéroport de Nice tuait onze personnes. Selon les modélisations les plus extrêmes testées par le laboratoire Geoazur, en cas de « rupture totale de la faille Ligure » avec « un séisme d’une magnitude de 7.5 », les déferlantes pourraient même « atteindre 4 m à Menton et sur les caps, notamment à Antibes », expliquait, en 2019 à 20 Minutes, la scientifique Laurie Boschetti. Le bilan serait alors dans d’autres proportions.

Ce scénario catastrophe semble tout de même « très peu » plausible, selon la spécialiste. En revanche, « la probabilité d’une vague d’un mètre, donc catastrophique, dans les trente prochaines années y est très élevée », a relevé mardi Vladimir Ryabinine, secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco. « Plusieurs fronts de mer, à Cannes, Golfe-Juan, Antibes et Menton » seraient particulièrement concernés, selon la préfecture des Alpes-Maritimes, avec de l’eau « pénétrant dans les terres sur plusieurs centaines de mètres ».

Des signalétiques vers des points « refuge » en cas d’alerte

Alors la Côte d’Azur est-elle prête à y faire face ? Des exercices sont organisés « chaque mois dans les Alpes-Maritimes », expliquent les services de l’Etat. Ils associent « la préfecture, la zone sud, le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours, ainsi que les communes une fois par trimestre ». Cannes fait figure de meilleur élève. Citée comme exemple par l’ONU, au même titre qu’Alexandrie ou Istanbul, la cité des festivals serait la plus avancée sur le sujet. En 2017, elle était « la première ville de France à organiser un exercice de simulation dans le cadre de son Plan de sauvegarde communal (PCS) », expliquait la municipalité. Plus récemment, en 2020, cette dernière a entamé la pose d’une signalétique pour coordonner les évacuations. En indiquant les points, en hauteur ou à bonne distance du littoral, à rejoindre en cas d’alerte.

Antibes, qui compte le linéaire de côtes le plus important de toutes les villes du département des Alpes-Maritimes (23 km), lui emboîte le pas. « Ce risque était déjà intégré dans notre plan de sauvegarde communal de longue date, mais c’est vrai qu’il y a une prise de conscience pour aller plus loin depuis peu, explique l’adjointe au maire déléguée à la Sécurité civile Marika Roman. Le préfet nous a saisis l’an dernier et nous avons désormais 31 panneaux installés pour flécher les itinéraires de secours. » Les plagistes sont également sensibilisés tout comme les enfants dans les écoles « puisqu’ils sont de puissants vecteurs pour les parents », avance l’élue.

Gérer l’alerte et les évacuations « en seulement 15 à 20 minutes »

La ville de Nice, où « le risque tsunami est faible au regard de la topographie des fonds marins », avec un « plateau continental très abrupt, à la différence de Cannes par exemple », mène la même politique dans les établissements scolaires. Elle précise que « des documentations en français et en anglais », aussi pour la population touristique, ont été également réalisées. La collectivité indique qu’un « plan métropolitain sismique », demandé par le préfet dès 2019, a été « retardé » par la crise sanitaire et par la tempête Alex mais que son « lancement » est désormais « en cours de préparation ».

Et pour l’alerte ? Le Centre national d’alerte aux tsunamis (CENALT) est actif depuis 2012. Il est compétent pour transmettre l’information aux autorités. Et il faudrait aller vite : « Un tsunami généré par un séisme en mer Ligure toucherait les Alpes-Maritimes en seulement 15 à 20 minutes », décrit la préfecture. « Les sirènes [du Système d’alerte et d’information aux populations] peuvent être déclenchées, rappelle Marika Roman à Antibes. Nous avons également mis en place un serveur sur lequel les gens sont invités à s’inscrire pour recevoir des SMS et des appels automatiques en cas de danger. » Des systèmes similaires sont disponibles dans plusieurs autres villes, qui comptent également sur les panneaux à messages variables et sur les réseaux sociaux pour avertir leur population.

La nuit du 18 mars 2021, ce processus a bien failli être activé sur la Côte d’Azur. Une « alerte jaune tsunami », générée à la suite d’un séisme de magnitude 6 de l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie, était finalement levée quelques heures plus tard sans faire aucun dégât du côté de la Riviera. A Cannes, les services de la mairie avaient suivi cet épisode de très près et étaient déjà prêts à réagir.



Reference-www.20minutes.fr

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Rishabh Rajvanshi

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