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Guerre en Ukraine : quand l’Eurovision devient un enjeu de géopolitique

“Gagner l’Eurovision nous donnerait beaucoup d’espoir de gagner la guerre”. C’est ce qu’a confié ce samedi une fan ukrainienne, Maria Lembak, 40 ans, interrogée par l’AFP dans les rues de Turin où elle participait à un contre-rassemblement face à une petite manifestation pro-Russe.

Les Ukrainiens, favoris de la compétition, devraient en effet bénéficier d’un large vote de solidarité lors de la finale de l’Eurovision ce samedi soir à Turin. Des festivités cette année placées sous le signe funeste de la guerre en Ukraine, moins de trois mois après le déclenchement de son invasion le 24 février par la Russie, exclue de l’Eurovision dès le lendemain par l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), organisatrice de l’événement. Lors des deux demi-finales organisées cette semaine dans la capitale piémontaise, une vague de drapeaux bleu et jaune avait déferlé. 

Favorite des bookmakers, l’Ukraine concourt avec le groupe ukrainien Kalush Orchestra, dont la chanson “Stefania” mêle hip-hop et musique traditionnelle sur des paroles intimistes – écrites avant la guerre – qui résonnent fortement avec l’actualité (“Je trouverai toujours le chemin de la maison même si toutes les routes sont détruites”). 

Des chanteurs en âge de combattre

A six sur scène, les membres du groupe, tous en âge de combattre, bénéficient d’une dispense provisoire délivrée par le gouvernement de Kiev, mais ils devront rentrer chez eux prendre les armes dès la fin du concours. L’un d’eux est resté au pays. “Un membre du groupe a rejoint la défense territoriale de Kiev au troisième jour de la guerre”, a confié le chanteur Oleh Psiuk à l’AFP. “Nous sommes très inquiets pour lui, nous espérons le retrouver sain et sauf à notre retour”.

Pour l’emporter, le Kalush Orchestra devra battre les 24 autres finalistes en recueillant le maximum de votes auprès des professionnels du monde de la musique et du public dans chaque pays, qui ne peuvent pas voter pour leur propre candidat. La prochaine édition du concours se tiendrait alors, du moins en théorie, en Ukraine, qui serait selon les mots d’Oleh Psiuk “une Ukraine nouvelle, intégrée, développée et florissante”.

En cas de triomphe, l’Ukraine doublerait la mise après sa victoire en 2016 – deux ans après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie – avec Jamala et le titre “1944”, une chanson racontant la déportation des Tatars par Staline.

“On essaye de garder la politique en dehors de tout cela”

“Il y a forcément une incidence, mais on essaye de garder la politique en dehors de tout cela”, a admis sur franceinfo Stéphane Bern, qui commentera l’Eurovision sur France 2. “Forcément, il y a des considérations politiques qui comptent. Il y a un moment, on a envie de marquer sa solidarité avec le peuple ukrainien. Mais je pense qu’il y a d’autres manières de montrer notre solidarité avec le peuple ukrainien et j’espère que nos gouvernants le font.”

“Evidemment, on ne peut pas passer sous silence le fait que la Russie est exclue, a poursuivi l’animateur. On ne peut pas passer sous silence le fait qu’on a tous envie de marquer notre solidarité avec les Ukrainiens. Je trouve que le groupe ukrainien est très courageux, d’ailleurs, de montrer que l’Ukraine continue de vivre, d’exister sur la scène européenne à travers la chanson, et c’est ça qu’on a envie de soutenir. Par ailleurs, la chanson est très bonne.”



Reference-www.francebleu.fr

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Rishabh Rajvanshi

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