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Emmanuel Macron tente de renvoyer la pression sur ses opposants

Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée, mercredi soir. LUDOVIC MARIN/AFP

Le chef de l’État appelle les partis à voter au cas par cas selon les textes ou à bâtir une coalition dans les 48 heures.

Il a choisi la solennité. Trois jours après la déroute de son camp aux élections législatives et au terme d’une série de consultations des chefs de parti représentés à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a présenté aux Français sa lecture du scrutin dans le cadre d’une allocution officielle depuis l’Élysée. Le même dispositif qu’au début de la crise sanitaire, le même aussi qu’au déclenchement de la guerre en Ukraine. C’est dire si l’heure est grave. Le président de la République a d’ailleurs évoqué ces événements en toile de fond de son intervention entamée par sa lecture de la séquence électorale des deux derniers mois.

«Le 24 avril, vous m’avez renouvelé votre confiance en m’élisant président de la République. Les 12 et 19 juin derniers vous avez élu vos députés, a-t-il rappelé. Je ne peux pas (…) ignorer les fractures et les divisions profondes de notre pays qui se traduisent dans notre Assemblée.» Et qui menacent de paralyser l’action du gouvernement puisque, à lui seul, le parti présidentiel ne détient pas la majorité absolue. Il lui faut donc trouver des alliés. «La majorité présidentielle doit s’élargir, a-t-il constaté. Nous devons collectivement apprendre à gouverner et légiférer différemment. Bâtir des compromis nouveaux, dans le dialogue, l’écoute, le respect.»

Des trois scénarios qui se présentaient à lui pour sortir de l’impasse politique, Emmanuel Macron en a d’emblée évacué un, celui du gouvernement d’union nationale, «pas justifié à ce jour», selon lui. Il en reste donc deux, qu’il a mis entre les mains de ses oppositions. Soit voter au cas par cas selon les textes, soit bâtir une coalition. Dans les deux cas, un appel au «dépassement politique» qu’il a demandé aux partis d’opérer dans «la clarté et la responsabilité». Avec un programme de travail chargé puisqu’il s’agira de prendre dès cet été «des mesures d’urgence, dont une loi pour le pouvoir d’achat, et des mesures d’urgence pour notre santé». Le chef de l’État a également évoqué des mesures pour l’emploi et des «choix forts» sur l’énergie et le climat.

Quelques lignes rouges

Le chef de l’État a tout de même posé quelques lignes rouges. Notamment le respect du programme sur lequel il a été élu il y a deux mois avec notamment l’engagement européen. Pas question non plus d’augmenter les impôts ou la dette. «Il faudra bâtir des compromis, des enrichissements, des amendements, mais le faire en toute transparence, a-t-il ajouté. Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute transparence jusqu’où ils sont prêts à aller

Il faudra bâtir des compromis, des enrichissements, des amendements, mais le faire en toute transparence. Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute transparence jusqu’où ils sont prêts à aller

Emmanuel Macron

Tout au long de ses rencontres avec les chefs de parti, Emmanuel Macron a pris la mesure du chemin qu’il reste à parcourir pour tenter de stabiliser le Parlement pour son second mandat. Les Républicains rejettent l’idée d’une coalition ou d’un accord de gouvernement ; les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon s’installent dans une opposition frontale au chef de l’État en entraînant les socialistes et les écologistes dans leur sillage ; les communistes ont rapidement refermé la porte qu’ils avaient entrouverte à l’union nationale ; le Rassemblement national n’acceptera de soutenir l’exécutif que si ce dernier se rallie à ses positions. Voilà pour les positions de départ dont le président de la République espère qu’elles finiront par évoluer dans les prochains jours. Il part de loin.

En renvoyant à ses oppositions la responsabilité d’un éventuel blocage du pays à venir, Emmanuel Macron tente de leur mettre sur les épaules une partie de la pression qui pesait sur les siennes. Et espère qu’au bout du compte, les Français leur attribueront la responsabilité de l’impasse politique. Auquel cas, il lui faudra bien tenter d’en sortir. Avec le dernier outil qui lui reste, la dissolution. Les opposants du chef de l’État auront la semaine pour y réfléchir.

Jeudi, Emmanuel Macron s’envole pour une série de déplacements internationaux, d’abord à Bruxelles pour un Conseil européen consacré à la candidature de l’Ukraine pour entrer dans l’UE, ensuite à Berlin pour un sommet du G7, enfin à Madrid pour celui de l’Otan. Une semaine au total. C’est le temps que laisse Emmanuel Macron aux groupes politiques de l’Assemblée nationale pour répondre ou non à son appel. «Dès mon retour, à la lumière des premiers choix, nous commencerons à bâtir cette méthode et cette collaboration nouvelle», a-t-il prévenu. 48 heures pour sortir de la nasse donc. Ou y rester coincé…

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Reference-www.lefigaro.fr

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Rishabh Rajvanshi

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