News

Emmanuel Macron, le « DRH » en chef, loin du « président nouveau »

L’engagement rappelle celui de François Hollande, lorsqu’il avait lancé à Nicolas Sarkozy, en 2012, lors du débat d’entre-deux-tours de l’élection présidentielle : « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité. » « Je ne suis pas le président d’un camp ou d’un parti », a affirmé pour sa part Emmanuel Macron, mardi 10 mai. Une affirmation formulée lors d’un discours… devant l’ensemble des candidats de son camp pour les élections législatives. A l’issue d’une journée de formation qu’ils ont suivie aux Docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le locataire de l’Elysée s’est bel et bien posé en chef de la majorité, en appelant les prétendants de La République en marche (LRM), du MoDem et d’Horizons à « se battre » pour « aller décrocher » la victoire au scrutin des 12 et 19 juin, sans « se laisser intimider » par les troupes de Jean-Luc Mélenchon, à la tête d’une union de la gauche.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Jean-Luc Mélenchon, cible de choix d’Emmanuel Macron dans la bataille des législatives

L’opposition a immédiatement dénoncé un mélange des genres « choquant », alors que le rôle de patron de la majorité est normalement dévolu au premier ministre. « Le premier acte officiel » du « nouveau président que l’on espérait moins jupitérien, moins vertical, plus consensuel » est « d’être le chef de guerre de sa future potentielle majorité », a déploré Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, en jugeant « honteux de la part du président de la République » d’être « au cœur de la campagne en allant à une journée de formation de 500 candidats » de son camp. Une attitude jugée contradictoire avec la promesse de M. Macron d’entamer son second quinquennat comme « un président nouveau pour un mandat nouveau » avec « une nouvelle méthode », plus horizontale et plus participative, après un premier quinquennat, où il a été constamment accusé d’avoir instauré une présidence « jupitérienne », très centralisée.

« Placer les bonnes personnes au bon endroit »

Les fidèles du chef de l’Etat, eux, n’ont pas été surpris par ce décalage entre les promesses et les actes, tant ce dernier s’occupe de tout, de manière solitaire et dans le secret le plus total depuis sa réélection, le 24 avril. Ces dernières semaines, le locataire de l’Elysée a repris sa casquette de « DRH », en veillant à « placer les bonnes personnes au bon endroit », selon son entourage. A tous les niveaux de l’écosystème macroniste.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Législatives 2022 : une majorité présidentielle rebaptisée et remaniée

Au lendemain du second tour de la présidentielle, il s’est d’abord attaché à superviser les investitures de la majorité pour les législatives. Officiellement, il a laissé son fidèle lieutenant, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, mener les négociations avec François Bayrou et Marc Fesneau (MoDem), ainsi qu’avec Edouard Philippe et Pierre-Yves Bournazel (Horizons). Mais sans être présent lors de ces discussions, menées à huis clos du 1er au 5 mai, M. Macron était en contact permanent avec M. Ferrand pour veiller à ce que soient investis des candidats qui lui sont totalement loyaux.

Il vous reste 66.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Reference-www.lemonde.fr

About the author

Rishabh Rajvanshi

A casual guy with no definite plans for the day, he enjoys life to the fullest. A tech geek and coder, he also likes to hack apart hardware. He has a big passion for Linux, open source, gaming, and blogging. He believes that the world is an awesome place and we’re here to enjoy it! He’s currently the youngest member of the team. [email protected]

Add Comment

Click here to post a comment