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Cyclisme. Audrey Cordon-Ragot, après son titre : « Personne ne peut savoir ce que j’ai traversé »



Championnats de France à Cholet. Contre-la-montre dames

Difficile d’imaginer la (désormais) sextuple championne de France du chrono en larmes de détresse sur le vélo. Difficile d’imaginer la reine de la discipline (2015, 2016, 2017, 2018, 2021 et donc 2022) se demander ouvertement si elle est encore légitime dans les pelotons. Difficile d’imaginer la porte-drapeau du cyclisme breton à l’agonie ou presque. C’était pourtant l’état d’esprit, le terrifiant ressenti d’Audrey Cordon-Ragot, il y a seulement quelques semaines encore. « Personne ne peut se mettre à ma place, personne ne peut savoir par où je suis passée, ce que j’ai traversé… », confiait-elle, forcément émue après l’arrivée.

« Je me demandais ce que je foutais là… »

« J’ai eu un covid long, une belle saloperie, ajoutait-elle. Depuis la fin mars, j’étais dans le doute. J’étais à plat, je n’ai quasiment connu que des bas, que des galères. Je suis allée jusqu’à Paris-Roubaix (mi-avril) sans rouler ou presque, je n’avais aucune sensation. En course, je n’arrivais même pas à suivre sur le plat. En stage, j’étais incapable d’effectuer les exercices demandés par mon entraîneur (Paul Herman). Je me souviens d’une journée où j’étais suivie par une caméra de France Télévisions (en vue du Tour de France femmes qui va renaître de ses cendres) alors que je n’avançais pas. Franchement, je me demandais ce que je foutais là… », poursuivait-elle, sans filtre, comme souvent.

« Si mes proches n’étaient pas là, j’aurais peut-être arrêté le vélo ». Là, désolé, on n’est pas obligé de la croire. Parce que ce vélo, la Costarmoricaine de Saint-Étienne-du-Gué-de-l’Isle (près de Loudéac) l’a dans la peau depuis toute gamine. Ce vélo qui, nous avait-elle avoué un jour de confidences, l’aurait fait partir en vrille si elle ne s’en était pas servi comme d’une échappatoire, d’un exutoire.

Alors Audrey Cordon-Ragot, comme toujours, s’est accrochée. A bientôt 33 ans, elle n’a rien lâché. Pas le genre de la maison, vraiment pas. « Lors du Women’s Tour (le Tour de Grande-Bretagne, début juin), j’ai senti que ça allait mieux ». La machine repartait gentiment, pas les doutes. « Je n’étais pas du tout confiante avant le départ. J’avais beau savoir que ce chrono me convenait parfaitement, j’étais super stressée avant le départ. Je n’étais pas du tout sûre de moi. Durant l’échauffement, je voyais Juliette (Labous) sur ma gauche, je me disais que c’est elle que je devais battre ».

« Fière d’être passée au-dessus de tout ça »

Elle l’a fait. Confortablement, même. A plates coutures pour tout dire. A l’issue des 25,3 kilomètres du joli parcours dessiné autour de Cholet, elle a devancé celle qui avait terminé 6e des derniers championnats du monde de 27 secondes. « Je me suis posé des questions jusqu’au premier intérmédiaire, après, j’ai déroulé… ».

Derrière la ligne où l’attendant monsieur Ragot, son premier supporter, son premier soutien aussi, la nouvelle championne de France pouvait pousser un strident cri de soulagement, puis un second parce que la délivrance était telle. « Je suis fière d’avoir fait tout ce qui était en ma possession pour revenir à ce niveau-là. Je suis très fière d’être passée au-dessus de tout ça ».

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Reference-www.letelegramme.fr

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Rishabh Rajvanshi

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