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Castres-Montpellier en finale du Top 14: un épilogue cohérent mais pas enthousiasmant

La finale qui se déroule vendredi 24 juin au Stade de France opposera les deux équipes que le calendrier international n’a pas handicapées.

Au risque de se retrouver tricard dans le Tarn et dans l’Hérault, admettons que la finale du Top 14, vendredi au Stade de France à 20h45, ne vend pas du rêve. A telle enseigne que personne n’aurait songé miser une pinte, en début de saison, sur une affiche Castres-Montpellier… qui sera pourtant le remake de 2018. Cet axiome établi, l’on se doit toutefois d’admettre la cohérence de l’épilogue, s’agissant d’un duel qui va tout bonnement opposer les équipes ayant terminé la saison régulière à la première et à la deuxième place du classement. Et qui ont donc surmonté la chausse-trappe des phases finales à élimination directe.

Car ni Toulouse ni Bordeaux, demi-finalistes malheureux une semaine plus tôt à Nice, n’ont réussi le fric-frac. Regroupés à l’Allianz Riviera, les deux matchs constituant la pénultième étape de la saison 2021-2022 étaient vendus in situ sous la curieuse appellation de «spectacle sportif». Pas sûr du tout, à cet égard, que la finale réponde aux critères requis pour faire chavirer les foules, à Saint-Denis, et, encore moins, booster l’audience télé (Canal+ et France 2) en prime-time. Mais, bon, comme dirait l’autre, l’important, arrivé à ce stade de la compétition, n’est clairement plus de participer, mais bien de gagner. Y compris de la moins chatoyante des manières.

Orfèvres au charisme incertain

Pour autant, si les prétendants en sont arrivés là, ils ne le doivent qu’à eux-mêmes (un classement établi sur 26 matchs disputés, dont 17 remportés par le Castres Olympique, ne ment pas)… et un peu aussi à un calendrier national et international harassant qui, en fin d’exercice, pèse dans la balance, mais pas partout le même poids : lorsque Fabien Galthié a annoncé fin janvier, sa liste de 42 joueurs appelés à préparer le Tournoi des six nations, le nombre de joueurs convoqués dans les effectifs des finalistes se comptait sur les doigts d’une main, et les clubs ont donc pu travailler dans la continuité. Avant qu’en Coupe d’Europe, La Rochelle, Toulouse ou le Racing, mais aussi Lyon, déjà grands pourvoyeurs d’individualités chez les Bleus, ne se consument un peu plus. A l’inverse de Castres – qui n’a jamais brillé dans cette épreuve – et, dans une moindre mesure, de Montpellier… Que l’on retrouve au bout du chemin.

Concernant le CO, la récidive laisse baba, s’agissant d’un club qu’on persiste à prendre un peu de haut, alors que, déjà champion en 2013 et 2018 (ainsi qu’en 1949, 1950 et 1993), il pourrait devenir, en cas de victoire, l’équipe hexagonale la plus titrée de ces dix dernières années. Seulement voilà, aucun glamour n’imprègne les berges de l’Agout, où le dixième budget du championnat (vitrine sportive des puissants laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre) sert à rémunérer des orfèvres au charisme des plus incertains. A l’instar du chef d’orchestre argentin Benjamín Urdapilleta, vétéran déplumé qui, voici quelques jours, marmonnait qu’il faut fournir plus d’efforts à Castres qu’ailleurs pour réussir – du pipeau bien sûr ; de l’arrière Julien Dumora, qui, lui aussi à l’âge de la préretraite (et sans la moindre cape avec le XV de France), reste un poison permanent pour les défenses adverses ; ou du capitaine Mathieu Babillot (un Chartrain né d’une mère auvergnate et d’un père centrafricain), qui passe autant de temps à palabrer avec l’arbitre qu’à déblayer.

Bourrins douteux

Pas de quoi inciter à l’exaltation, même si, point de vue «image», Montpellier a aussi une grande marge de progression dans l’ovalie : contrairement à des villes comme Toulouse, La Rochelle, Clermont ou Toulon, la septième commune de France ne respire pas le rugby avec la même ferveur, ce qui peut également permettre de grandir dans l’adversité. Son richissime proprio-président, Mohed Altrad, reste impopulaire, y compris au plan local – candidat aux dernières élections municipales, il n’avait obtenu que 18 % des voix au second tour – et sera même jugé en septembre avec son ami Bernard Laporte, le président de la fédération, pour «trafic d’influence et prise illégale d’intérêts». Son manager, Philippe Saint-André, est en quête de réhabilitation, après avoir incarné les heures les plus moroses du XV de France, dont il a égrené les désillusions de 2011 à 2015. Quant à l’effectif, il a régulièrement été caricaturé pour sa diaspora sud-africaine, en partie constituée de bourrins douteux, l’erreur de casting culminant dans le recrutement en 2019 de l’ouvreur champion du monde Handre Pollard, joueur le mieux payé de la planète, longtemps blessé et qui, faute d’avoir jamais répondu aux attentes (deux minutes sur le terrain en demi-finale, où il n’était que remplaçant), s’apprête à filer à l’anglaise, vers Leicester.

Autant de «tares» manifestes qui, ainsi empilées, ont néanmoins fini par transformer la citrouille en carrosse. A moins que, fable pour fable, la tortue castraise ne vienne jouer un nouveau vilain tour à un adversaire qui, sèchement battu il y a quatre ans alors qu’il était favori, pense, à l’image de son demi de mêlée Benoît Paillaugue, qu’il est grand temps de «marquer l’histoire du club», à défaut de celle du rugby français, en remportant un premier titre.

Reference-www.liberation.fr

About the author

Rishabh Rajvanshi

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