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Aurore Bergé patronne des députés macronistes, le choix logique

Il ne restait qu’elle, ou quasiment. Les capos de l’ancienne majorité macroniste ont été balayés lors de ces législatives que personne n’a encore pleinement digérées. Christophe Castaner, Richard Ferrand, Laurent Saint-Martin… Tous morts au champ d’honneur. Privés de ces cadres de manière inattendue, les députés Renaissance (ex-La République en marche) ont choisi de donner les rênes de leur groupe à l’une de leurs plus médiatiques collègues. Aurore Bergé, qui a déjà brigué ce poste en 2020, a été largement élue par ses pairs, devenant ainsi la première femme à diriger le groupe du parti majoritaire à l’Assemblée nationale.

C’est une belle victoire pour la députée des Yvelines, très bien réélue dans la circonscription de Rambouillet et qui a mené une campagne « Telegram » musclée auprès de ses pairs. Elle sait faire. Son succès résulte néanmoins d’une tambouille interne qui, cette fois-ci, lui a été plus que favorable. D’abord, l’absence de concurrents sérieux. Le plus menaçant, Guillaume Vuilletet, était jugé « pas assez collectif ». Ensuite, l’Aurore de 2022 ne serait plus l’Aurore de 2020. « Les irritants qui l’ont plombée durant la précédente mandature ne sont plus d’actualité », glisse un stratège macroniste. Nombre de ses collègues lui ont souvent reproché sa propension à être cassante, individualiste et raide sur ses thèmes de prédilection. Parmi ceux-ci figure la laïcité, tendance Blanquer/Valls, mais pas que : il y a également l’audiovisuel, le bien-être animal et l’égalité femmes-hommes.

Courroie de transmission

Le terrain de jeu n’est, en revanche, plus du tout le même. Durant le premier quinquennat de Macron, le patron du groupe avait pour rôle de défendre ses troupes auprès de l’Élysée et de Matignon. Désormais, ce rôle consistera à passer des deals avec les oppositions… notamment les Républicains. Pendant deux ans, Christophe Castaner a été à bien des égards un garde-chiourme, mais il s’est aussi servi de sa présidence pour s’émanciper ponctuellement de l’exécutif. Par exemple, lors des débats sur l’extension du délai d’IVG, à laquelle Emmanuel Macron était franchement opposé.

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Dorénavant, rien de tel ne sera envisageable. La survie du gouvernement dépendant de sa capacité à bricoler des majorités texte par texte, la patronne des députés macronistes devra se montrer d’une grande flexibilité. Une courroie de transmission davantage qu’une meneuse de pack. « Elle est condamnée à nouer des alliances et à ne pas tenter le moindre jeu négatif avec l’exécutif », résume une source qui connaît bien Bergé. « Si elle est critique vis-à-vis de l’exécutif, c’est fini. Tous les déput��s marcheurs savent que le sujet n’est plus de négocier avec le gouvernement. »

LR à couteaux tirés

L’un des sujets sera, en revanche, d’avoir des personnalités suffisamment fortes pour que la Macronie ne soit pas noyée par les députés insoumis ou du Rassemblement national. Aurore Bergé en est une, assurément. De quoi effrayer une marcheuse bien informée : « Elle clive trop, elle risque de ne pas suffisamment protéger le président. Je ne dis pas qu’il y avait mieux en boutique, je lui souhaite vraiment de réussir… mais ça ne va pas être simple. » Pour le député Pieyre-Alexandre Anglade, l’un des cadres du groupe, l’élue des Yvelines était de loin « le meilleur choix » au vu du contexte. Un choix parfaitement logique, surtout.

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Reste un dernier défi de taille à Bergé, ex-LR rouée aux coups de billard à trois bandes : se rabibocher avec la droite, qui ne la porte pas dans son cœur. « Si c’est pour se faire agresser, c’est pas la peine », peste le député Raphaël Schellenberger. L’un de ses collègues plus anciens, Patrick Hetzel, ex-soutien de François Fillon lors de la primaire LR de 2016, lâche un rire franc : « Ah non, on n’est pas fan… Elle était dans les équipes de Juppé, on ne l’a pas oubliée. » Pas simple, en effet. D’autant plus que les députés LR sont chapeautés par Olivier Marleix, un opposant au tempérament parfois abrasif. « Aurore ne décidera rien qui n’aura été validé par l’étage du dessus », complète un ancien conseiller ministériel. « Ce ne sera donc pas un face-à-face. » À voir.

Reference-www.marianne.net

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Rishabh Rajvanshi

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