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Audrey Azoulay : Première ministre ? De l’Unesco à Matignon, une trajectoire politique sensée



AZOULAY. Ancienne ministre de la Culture et actuelle patronne de l’Unesco, Audrey Azoulay s’est forgé un carnet d’adresses étoffé et des expériences significatives, appréciées au somment de l’Etat. Peut-elle être nommée première ministre ?

Qui remplacera Jean Castex à Matignon ? Le nom d’Audrey Azoulay revient avec de plus en plus d’insistance, alors que la nouvelle équipe gouvernement est en train de se constituer au sommet de l’Etat et que les indiscrétions fusent sur les potentiels Premier ministrables. Bien entendu, dès qu’un remaniement ministériel approche, les rumeurs et bruits de couloirs – très souvent infondés ou reposant sur des on-dit – sont légions. En réalité, l’information est l’une des plus confidentielle de France : une poignet de personnes seulement – dont Emmanuel Macron et le prochain Premier ministre – savent qui dirigera l’exécutif avec le président (le chef de l’Etat a déjà indiqué qu’il avait choisi et trouvé la bonne personne pour le poste).

Mais il faut bien dire que l’hypothèse d’une nomination d’Audrey Azoulay comme cheffe du gouvernement commence à prendre une certaine ampleur – sans être démentie de quelque façon que ce soit. Le 11 mai, Le Canard Enchaîné, qui est de manière générale très bien informé sur les coulisses du pouvoir, a laissé entendre qu’Audrey Azoulay était dans les petits papiers d’Emmanuel Macron : “Elle coche toutes les cases pour Matignon : ancienne ministre de la Culture sous Hollande, elle a connu Macron à l’Elysée, et son mandat à l’Unesco est marqué par son engagement écolo. Enfin, pour la petite histoire, elle a fait l’ENA avec Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée”, écrit le Canard.

Même son de cloche pour le service politique de RMC, qui s’appuie sur des indiscrétions recueillies lors de la grande journée de formation des candidats de la majorité présidentielle aux législatives, mardi 10 mai à Aubervilliers. Au sein de ce condensé de macronie, quelques langues se sont déliées, RMC a retenu que deux noms sont revenus avec insistance pour Matignon : celui d’Audrey Azoulay et celui de Marisol Touraine.

Le profil d’Audrey Azoulay correspond en tout cas à deux critères avancés par les proches d’Emmanuel Macron. Selon plusieurs sources, le président de la République souhaiterait nommer une femme, 30 ans après le court passage d’Edith Cresson à Matignon. Il aurait d’ailleurs déjà essuyé le refus de deux femmes pour ce poste : Valérie Rabault et Véronique Bédague. De plus, lors de sa campagne d’entre-deux-tours, Emmanuel Macron a laissé entendre qu’il souhaitait ancrer son 2e mandat plus à gauche que le premier, parlant d’ailleurs de nommer un chef du gouvernement directement en charge de l’écologie. Or, si elle n’a jamais été encartée au PS, Audrey Azoulay a été membre du gouvernement socialiste de Manuel Valls, et proche de François Hollande.

Une expérience réussie comme ministre

Lors de sa nomination au ministère de la culture en 2016, d’ailleurs, plusieurs observateurs comparaient Audrey Azoulay à… Emmanuel Macron : tous deux sont passés directement de conseiller de François Hollande à membre du gouvernement, sans jamais avoir été élus auparavant, et sans même appartenir au Parti socialiste. Autre lien avec l’exécutif actuel, Audrey Azoulay est une ancienne camarade de promotion, à l’ENA, de deux membres de l’exécutif actuel : Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’industrie, et surtout Alexis Kohler, secrétaire général de la présidence de la République, et considéré comme l’un des plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat connaît bien Audrey Azoulay et son estime pour elle n’est pas un secret.

Reste qu’Audrey Azoulay n’incarne pas foncièrement la nouveauté et le renouvellement politique. A ce point faible, on notera que l’ancienne ministre n’a pas pris les rênes, dans le gouvernement de Manuel Valls, d’un portefeuille vraiment politique. Elle n’a pas porté de réforme clivante, ne s’est pas exposée médiatiquement. Elle peut en revanche se targuer d’avoir construit une expérience ministérielle significative. Lorsqu’elle met fin à ses fonctions, en 2017, elle bénéficie d’une bonne image dans les principaux secteurs de la Culture.

Une présidence à l’Unesco remarquée

Recommandée par François Hollande dès 2015 pour prendre la direction de l’Unesco, sa candidature est soutenue par Emmanuel Macron après l’élection de celui-ci. Certains observateurs jugeront que cette candidature de dernière minute avait des allures de calcul politique ou de parachutage, elle a en tout cas suscité de nombreuses critiques. D’abord parce qu’il avait été diplomatiquement convenu, avant 2017, que le poste de directeur général de l’Unesco revienne à une personnalité issue du monde arabe. Une pétition signée par de nombreux acteurs de la vie culturelle arabe sera même adressée au gouvernement français pour contester la candidature de la Française. Malgré les critiques, elle parvient à être élue à ce poste, à la faveur de multiplicité des candidatures issues du monde arabe et des divisions entre les pays du Golfe.

Son travail à la tête de l’Unesco est salué, elle est d’ailleurs considérée comme l’une des personnalités ayant amené l’ONU à augmenter les contributions obligatoires des pays membres pour l’éducation et la culture. L’adoption d’un texte majeur sur la préservation des antiques murailles de Jérusalem a par ailleurs été présenté comme un tour de force, impulsé par Audrey Azoulay. Autre fait d’armes, qui témoigne de sa capacité à dénouer des crispations diplomatiques : elle est parvenue à entamer des discussions pour un retour des Etats-Unis à l’Unesco. L’ancienne ministre a été réélue en 2021 à la tête de l’institution pour un deuxième mandat. De ce parcours prestigieux, elle s’est aussi construit un carnet d’adresse rare, ayant tissé des liens avec plusieurs chefs d’Etat ou de gouvernement.

Diplômée de l’université Paris-Dauphine, de Sciences Po Paris puis de l’ENA, Audrey Azoulay intègre la haute fonction publique en 2000 : elle est nommée administratrice civile, affectée au secrétariat général du gouvernement. Plus tard, elle rejoint le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), où elle exerce plusieurs fonctions, jusqu’à en être nommée directrice générale déléguée. Audrey Azoulay connaît donc bien le cinéma français et les principales figures de la profession. Comme ministre, elle participera activement à la numérisation des salles. Selon L’Obs, elle est devenue proche, notamment, de Julie Gayet.

En 2006, elle décline l’offre du Premier ministre Dominique de Villepin d’intégrer son cabinet ministériel. Devenue proche de François Hollande, elle fut sa conseillère en 2014, chargée de la culture et de la communication. Elle est ensuite nommée ministre de la culture en 2016, dans le gouvernement de Manuel Valls, en remplacement de Fleur Pellerin. Soutien de ce dernier lors des primaires du Parti socialiste en 2016, elle ne se prononce pas avant le premier tour de la présidentielle 2017, mais appelle à voter Emmanuel Macron au 2e tour, comme de nombreux socialistes.

Déjà lorsqu’elle occupait la rue de Valois, Audrey Azoulay était souvent présentée comme la fille d’André Azoulay, l’un des conseillers influents d’Hassan II, puis de Mohammed VI. Si Audrey Azoulay s’est fait un nom et s’est imposée pour ses qualités, son lien de filiation est parfois considéré comme un avantage considérable pour convaincre et rassembler les acteurs internationaux de la Culture. Le père d’Audrey Azoulay, ancien économiste et diplomate de premier plan des pays arabes, a régulièrement eu un siège autour des tables de négociation sur le conflit israélo-palestinien. 

Le mari d’Audrey Azoulay, François-Xavier Labarraque, a rencontré celle qui deviendra sa femme sur les bancs de Sciences Po et s’est construit une carrière dans le consulting. Homme de réseau et d’influences, il a été haut fonctionnaire, “directeur de la stratégie et du développement” de Radio France, avant de lancer sa société de “conseil en stratégie”. Il donne également des cours de politique culturelle à Sciences Po. François-Xavier Labarraque et Audrey Azoulay ont deux enfants.

Si Audrey Azoulay a découvert les arcanes du pouvoir en s’installant rue de Valois, elle n’était pas étrangère aux différents secteurs de la Culture avant de devenir ministre. Plongée toute petite, via son père, dans un environnement marqué par l’importance des Humanités, elle est entourée de personnes qui ont fait carrière dans les Lettres et les Arts. Sa grande soeur Judith été emplyéee de l’Association française d’action artistique, dépendante du ministère de la Culture. Sa plus jeune sœur, Sabrina, a été directrice des programmes de Paris Première avant de devenir productrice pour France 5, notamment de l’émission “Entrée libre”. Comme l’a noté Le Monde, qui souligne que “tout le monde dans la famille baigne dans la culture ou l’audiovisuel”, sa cousine Elisabeth est une anthropologue également devenue productrice, qui s’est fait remarquée pour avoir rédigé l’encyclopédie “100 000 ans de beauté”, publiée chez Gallimard avec le soutien financier de la Fondation L’Oréal.

Reference-www.linternaute.com

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Rishabh Rajvanshi

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