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Adidas et New Balance accusés d’écoblanchir leurs baskets | 60 Millions de Consommateurs

Les deux marques mettent en avant les matières recyclées. « Un flagrant délit de greenwashing », dénonce l’association Zero Waste France.

En achetant une paire de baskets fabriquées avec des matières recyclées, vous pensez faire un geste pour la planète ? C’est en tout cas ce que veulent vous faire croire certaines marques. Mais attention à l’écoblanchiment (greenwashing, en anglais), pointe Zero Waste France.

L’association vient de porter plainte contre deux marques emblématiques : Adidas et New Balance. Elle les accuse d’utiliser des allégations environnementales mensongères, de nature à induire les consommateurs et consommatrices en erreur.

Seule la tige de la basket Adidas est recyclée… pour moitié

« La chaussure de running avec la plus faible empreinte carbone que nous ayons jamais créée. » Adidas ne tarit pas de superlatifs quand il évoque sa basket Futurecraft Footprint lancée au printemps 2021, « créée à partir de matériaux naturels, recyclés et plus légers ». Mais pour Zero Waste France, il s’agit d’un discours exagéré.

« Quand Adidas annonce “50 % de matériaux recyclés”, […] les petites lignes indiquent que seule la tige de la chaussure (dont on ne sait pas quelle proportion du produit elle représente) est en réalité composée pour moitié de matière recyclée », détaille l’association.

Et Adidas oublie de parler de l’impact environnemental du polyester recyclé et de l’impossibilité technique de le recycler à l’infini…

Une publicité Adidas déjà épinglée en août 2021

Déjà en août dernier, la marque Adidas était épinglée par le Jury de déontologie publicitaire (JDP) pour une publicité sur une autre de ses baskets : la Stan Smith. Le Jury avait estimé que le plastique recyclé utilisé n’était pas pour autant du plastique recyclable.

« En fin de vie, la basket jetée viendra donc abonder la masse des déchets plastiques non recyclés et, vraisemblablement, alimenter la pollution qui en résulte, écrivait le JDP. Il ne saurait donc être prétendu que la commercialisation de ces chaussures constituerait un moyen d’“en finir” avec les déchets plastiques. »

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Le grand flou de la feuille verte de New Balance

New Balance ne fait pas mieux avec sa « norme » Green Leaf (« feuille verte »), qui promet que « 50 % ou plus des matériaux de notre marque proviennent de sources privilégiant l’environnement ».

« Un grand flou recouvrant une multitude de réalités qui ne respectent pas toujours les critères que la marque s’est elle-même fixées », explique Zero Waste. Elle prend l’exemple des baskets 574 Core, dont seules les mailles de l’empeigne (partie supérieure de la chaussure), du col et de la languette sont composées de polyester recyclé.

Quant à la semelle extérieure en caoutchouc, elle ne contient que 5 % de matières recyclées. Le tout sans aucune information sur la fin de vie du produit.

Le recyclage infini est impossible avec les microplastiques

Zero Waste rappelle que le polyester recyclé, comme tout autre matériau recyclé, est bien loin d’être la panacée pour lutter contre la pollution plastique. Le processus de recyclage est d’abord très gourmand en énergie et en eau. Ensuite, le recyclage infini n’existe pas, puisque la matière se dégrade au fur et à mesure – et se transforme en microplastiques, désastreux pour la santé humaine et la biodiversité.

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Pour produire des matériaux recyclés, on est souvent obligé d’incorporer de la matière vierge. Enfin, le recyclage devient souvent impossible lorsque la matière plastique recyclée est mélangée à d’autres matières, « ce qui est presque systématiquement le cas concernant les baskets », précise Zero Waste.

Un délit passible d’une peine de deux ans d’emprisonnement

L’association espère obtenir des sanctions pénales à l’encontre d’Adidas et de New Balance pour pratiques commerciales trompeuses (articles L. 121-2 et suivants du code de la consommation) : « En cultivant l’imprécision et en recourant à des formules trompeuses, écrit Zero Waste France, ces arguments encouragent et déculpabilisent la surproduction puis l’achat de produits textiles neufs, qui alimentent in fine la surexploitation des ressources naturelles et la production de déchets. »

Une pratique commerciale trompeuse est un délit passible notamment de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 €, augmentée si la pratique concerne des arguments environnementaux (article L. 132-2 du même code).

#OnLaissePasPasser le greenwashing

Zero Waste France lance la campagne #OnLaissePasPasser : elle invite chacun(e) à interpeller, sur les réseaux sociaux, les marques de vêtements et de chaussures ayant recours à l’écoblanchiment dans leurs publicités. Il suffit de commenter les messages postés par les marques elles-mêmes, ou encore de poster une photo des publicités que vous avez repérées et que vous voulez dénoncer. Vous pouvez aussi écrire à la marque ou saisir les autorités.

Reference-www.60millions-mag.com

About the author

Rishabh Rajvanshi

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